Exposition des tableaux abstraits


Les tableaux présentés sont classés du plus récent au plus ancien.

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Quelques propos sur la peinture de Jean-Pierre Vieville

Il est des toiles, plus que d’autres, qu’il faut regarder à plein regard, au risque d’en rater définitivement l’accès. Au premier coup d’oeil, il y a le minéral, le végétal, le corps humain même, oscillant à la charnière de deux mondes, le réalisme et l’abstraction, dans une habile et esthétique transfiguration. Il y a du minéral dans l’humain, de l’humain dans le végétal, du végétal dans le minéral. L’agencement éloquent de plans et d’arêtes structure magistralement la toile dans une composition volontaire, même si la germination première de l’inscription picturale est exhumée du monde enfoui du hasard. Mais le sujet est ailleurs. C’est une peinture qui ne trouve pas sa raison d’être dans l’image du monde qu’elle représente ou suggère. Le tableau se construit uniquement sur la recherche d’équilibre entre forme/couleur, et graphisme. L’effet de composition est là, le camaïeu de tons ocrés vibre, les gris s’installent – gris perle, gris furieux, gris médusé, gris doré, gris pourpre – et font sourdre la lumière. Et dans cette mouvance fluide, le trait noir apparaît, comme un sel subtil, pimentant avec force l’unicité de cette mosaïque tonale. Le dessin revient, soliloque, force sa place en une écriture implacable au vocabulaire fort et lisible de tous. L’artiste devient prophète.Il éclaire le monde pour nos yeux qui ne voient rien. Son regard glisse un long moment sur la toile, la main se cabre pour ajouter un trait. Le but n’est pas le contour, la définition d’une forme ou d’un aplat de couleur. Le but est le tracé même. Qu’il fragmente ou souligne, l’important est de donner un sens nouveau aux évidences anciennes, d’aller courtiser l’expression du trait, dire son drâme, comme un éclair déchire le ciel. C’est l’oxygène de cette peinture, sa quête réelle. C’est l’expression directe et improvisée de l’émotion du peintre. Les lignes se tressent, se chevauchent, se tordent, laissant un sillage distinct. Rien de frivole, que de l’utile, du strict nécessaire. Le peintre épure à outrance, mais sans affaiblir par un systématisme, son obsession du trait. Et par cette écriture scalpel, le réseau autonome des pièces de puzzle aux formes acérées s’impose comme une évidence non préméditée. On n’écrit peut-être pas dans les âmes avec une plume, mais sûrement y entre-t-on avec un pinceau. En effet, cet univers de signes nous amène à regarder plus profond, à vibrer plus loin, nous laissant agrandis. C’est quelque chose qui se rencontre et qui se vit, parfois….

Marie-Stéphane VAUGIEN